• Invité culture

  • Auteur(s): RFI
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  • Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

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Épisodes
  • Dans «Jouer avec le feu», Vincent Lindon impuissant face à la dérive de son fils d'extrême droite
    Jan 21 2025
    Comment réagir lorsque l'un de ses enfants épouse des idées aux antipodes des convictions progressistes de ses parents ? Adaptant le roman Ce qu'il faut de nuit, les sœurs Muriel et Delphine Coulin mettent en scène, dans le film Jouer avec le feu, un père de famille impuissant à empêcher l'un de ses deux fils de basculer dans l'extrême droite. Ce film, qui fait le tour du monde des festivals après avoir été montré en compétition au dernier festival de Venise, sort mercredi 22 janvier en salles en France. RFI a rencontré Vincent Lindon qui a, pour sa performance, remporté la Coupe Volpi du Meilleur acteur à la Mostra de Venise. RFI : Dans Jouer avec le feu, vous incarnez Pierre, un homme, un cheminot, qui a élevé seul ses deux garçons et qui ne voient pas – ou peut-être qu'il ne veut pas voir ? – que son fils aîné se radicalise à l'extrême droite. Vous, comment vous le voyez, Pierre ? Est-il dans le déni ?Vincent Lindon : En fait, c'est l'un des rares films où il y a une petite et une grande histoire. Un des deux enfants va doucement glisser vers une radicalisation dans un groupuscule d'extrême droite. Mais la grande histoire, c'est une histoire d'amour, c'est une histoire de famille… Comment fait-on, quand on est un père seul, démuni, pas épaulé – parce que malheureusement, la maman n'est plus là –, comment fait-on pour communiquer et gérer l'inconditionnalité de l'amour ? Probablement que c'est un père qui n'est pas dans le déni, mais qui ne communique pas, qui est un taiseux, qui n'a pas l'habitude de communiquer, de parler. Éduquer, c'est répéter, c'est parler, c'est s'entretenir, c'est demander « Comment ça va ? » sans arrêt. Le film se déroule dans la ville de Metz, dans une région où il y a eu beaucoup de licenciements et de plans sociaux. Après, ses deux enfants ont été élevés pareil, mais on n'est pas tous armés pareils dans la vie.Ce qui est intéressant aussi, c'est que ce soit un trio masculin.C'est quand même un film sur deux frères et un père tourné par deux femmes, deux sœurs ! Pour rajouter à cela, ce que je trouve très intéressant, c'est que la mère... J'allais dire qu'elle est absente, mais elle n'est pas absente, elle n'a jamais été aussi présente ! Elle n'est pas là physiquement. Mais c'est la première fois que je vois un film – je l'ai vu dès le scénario et je ça m'a plu immédiatement – où c'est une mère qui n'est pas là, mais son absence pèse à un point… C'est un peu comme quand on dit : « On reconnaît l'amour au bruit qu'il fait en partant », mais là, on reconnaît le départ de cette femme, la mort de cette femme, son absence par le bruit qu'elle fait à regarder et à surveiller tout ce qui se passe dans cette maison sans pouvoir intervenir. Et c'est assez bouleversant, parce qu'elles ont filmé trois hommes qui se débattent comme ils peuvent. C'est un film qui est et politique et social, mais très familial aussi. Le film ne nous donne pas d'ordre. Le film ne dit pas aux spectateurs « Ça, c'est bien. Ça, ce n'est pas bien. Il faut penser comme cela, il ne faut pas penser comme cela. » Il présente un état des lieux d'une famille en crise, mais qui s'aime beaucoup. Avec des moments de rires, des moments où l'on danse le rock, des moments où l'on va au foot… C'est ce qui est complexe et qui est bien, c'est ce qui m'a beaucoup intéressé, notamment. Avec aussi le fait de jouer avec deux personnes, Benjamin Voisin et Stéphane Crépon, qui sont de la jeune génération et qui m'ont emmené, que je le veuille ou non, vers un peu d'insouciance, un peu de déconcentration et donc je les ai énormément maternés. Et quand on s'occupe de l'autre, quand on entend « Moteur ! », on s'aperçoit qu'on a oublié de s'occuper de soi. Un peu comme lorsque l'on plonge dans la mer sans se mettre de l'eau dans la nuque, on y va d'un coup !Cela semble vous avoir réussi : Prix d'interprétation à la Mostra après le prix à Cannes !Ah bah oui, j'étais fou de joie ! Je n'en revenais pas. Franchement, je m'y attendais pas du tout.Quand vous dites que vous l'avez vu dans le scénario, c'est-à-dire que vous avez comme cela des coups de foudre dès la lecture d'un scénario ?Si je n'ai pas un coup de foudre, je ne le fais pas. C'est moi, et non un être factice, qui joue ce personnage. Je n'ai pas la force et je ne pourrais pas me permettre de faire cela si je n'étais pas totalement conquis par le rôle, par le film et par l'histoire en général.À lire aussiMostra de Venise: Pedro Almodovar remporte le Lion d'or pour «La chambre d'à côté»
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    4 min
  • «Heimweh» au Théâtre de la Bastille, la Suisse bienpensante joyeusement mise à mal par Gabriel Sparti
    Jan 20 2025

    Gabriel Sparti, jeune metteur en scène suisse, prend à bras-le-corps la politique, ou plutôt l’absence de politique, de son pays neutre. Les personnages enchaînent les banalités et sont saisis d’effroi dès qu’il s’agit de prendre position, jusqu’à déclencher le rire. « Heimweh » veut dire le mal du pays en allemand. Gabriel Sparti a aussi mal à son pays. La pièce se joue au Théâtre de la Bastille jusqu’au 24 janvier.

    Pour en savoir plus sur la pièce de théâtre, cliquez ici.

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    3 min
  • «Rainbow+» de Jérôme Soligny: un nouvel ouvrage captivant dédié à David Bowie
    Jan 19 2025

    Le journaliste et écrivain Jérôme Soligny est sans doute le meilleur connaisseur de David Bowie en France. Il a publié récemment chez GM Éditions un troisième tome de la biographie de l'artiste disparu il y a neuf ans presque jour pour jour. Cet ouvrage de 200 pages est intitulé Rainbow+. Il a été écrit grâce à des confidences d'amis ou collègues de scène de la star ou encore à partir de réflexions de Bowie lui-même.

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    5 min

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